Comment j’ai changé de vie pour devenir thérapeute ? De la fac à la table de massage…

comment changer de vie pour devenir thérapeute

Bonjour à tous !

Je viens d’ouvrir une nouvelle catégorie sur mon blog : “Ma vie de thérapeute”. Ici, vous retrouverez mon quotidien de praticienne de Shiatsu et de thérapeute : mon histoire, mes anecdotes, mes expériences, bref… ce sera un peu le journal de bord de mon activité. J’espère vous faire découvrir un peu l’envers du travail d’un thérapeute, les difficultés comme les avantages. Et peut-être vous inspirer, vous qui souhaitez ou exercer déjà ce beau métier.

 

Tout commence sur les bancs de la fac d’archéologie :

Aujourd’hui, je vous raconte ma toute première expérience de massage. LE moment qui fera basculer ma vie et ma carrière (3 ans de vivotage dans les eaux troubles de la faculté de la Sorbonne).

Oui parce que j’oubliais… Je ne suis pas tombée dans la marmite du bien-être en sortant du bac ! Je voulais être archéologue (comme Indiana Jones, ou Sydney Fox l’aventurière…). C’était mon rêve de gamine. Je rentre alors à la faculté d’histoire de l’art et d’archéologie de la Sorbonne (IV) et je tente de passer le concours de l’école du Louvre (que je rate lamentablement deux fois). En troisième année de licence, je suis comme “lassée”, moi je veux être sur le terrain, à faire des découvertes, pas derrière des bouquins.

Cependant je ne change rien… J’ai 20 ans, je suis en couple avec quelqu’un qui me convient moyennement, j’ai un groupe d’amis qui me tire vers le bas. Mais je ne change rien. Je ne vois rien de tout ça. Je me contente de vivre au jour le jour, comme si mon enfance ne se terminait jamais (bien évidemment j’en ai pris conscience beaucoup plus tard…).

 

Et puis, un cadeau inattendu :

 

Mon copain m’offre un cadeau pour mes 20 ans (j’en ai 30 actuellement) : une box (sans citer le nom) pour vivre un week-end de rêve dans une splendide maison d’hôtes avec un massage. Ses mots sont : “tu es toujours stressée, alors j’espère que ça va te faire du bien.”

Je suis très heureuse de recevoir ce cadeau, bien entendu. Je n’avais jamais mis les pieds dans un spa et encore moins reçu de massage. La jeune fille de l’époque n’étais pas très féminine et je ne prenait pas bien soin de moi (toujours le look de l’ado boutonneuse qui se gave de Kinder en amphi).

Nous voilà donc partis tous les deux en Aveyron au château de Labro. Pour l’anecdote, j’avais totalement perdu le nom du lieu, je l’ai retrouvé il y a un mois grâce à Itinera Magica. Ariane est écrivain et blogueuse voyage et nous emmène dans les plus beaux coins de France (et du monde). C’est sur son compte Instagram que je redécouvre ce lieu magique où j’ai reçu un massage pour la première fois.

 

Spa du Château de Labro by Itinera Magica

L’expérience d’un massage qui changera ma vie :

 

Dans ce cadre magnifique (avouez-le), on ne peut que se laisser-aller au lâcher-prise. Le personnel nous traite comme des princes, la chambre est sublime et confortable, le petit-déjeuner succulent. Ce souvenir date d’il y a dix ans et pourtant j’en garde toujours l’image et les sensations.

Le spa était (je crois qu’il y a eu des travaux depuis une le temps), une belle grande pièce en bois. Un bassin bouillonnant chaud trônait au centre, en face d’une immense baie vitrée qui donnait sur la campagne environnante. Il y avait aussi un sauna et la salle de soin attenante.

Je découvre avec étonnement cet univers. Mes yeux brillent d’émerveillement et instantanément vient ce sentiment : je suis calme et apaisée. La musique très douce, le bruit de l’eau… rien qu’en me rappelant de tout ceci, mon coeur palpite encore !

Puis vient mon tour de recevoir le massage d’une heure. Je n’ai aucune idée de ce qui m’attend. Une jeune femme très douce me reçoit dans une ambiance feutrée. La table de massage semble très confortable. Elle m’indique comment m’installer, le déroulé du soin et me couvre d’une serviette blanche.

Puis le massage commence.

Je découvre des sensations totalement inédites à mon âge. Le toucher tout d’abord. Non pas que j’ai manqué de câlins dans ma jeunesse, mais ce toucher-là est différent. Car il est fait dans une intention particulière : celle d’apaiser, de calmer, de soulager.

 

Outre l’immense détente qui m’envahit, une autre certitude vient à mon esprit :

c’est ça que je veux faire.

 

Comment changer de voie ?

 

Les semaines suivantes, tout se bouscule dans ma tête. Je me documente sur ce qui existe dans le domaine du bien-être. Il y a tellement de possibilité !

Que faire ? Je pense finalement que je pourrai ouvrir un magasin du style Nature&Découvertes, ça serait cool ! ( La dame avait déjà un pied dans la marmite de l’entrepreunariat aussi ! ). Mais ça me paraît compliqué.

Mes proches observent d’un oeil circonspect ce revirement de chemin. Depuis dix ans que je les bassine avec l’archéologie, ça se comprend. J’ai une chance incroyable, c’est que mes parents me soutiennent dans ce changement.

Maman m’aide, cherche des idées avec moi. Deux certitudes sont présentes chez moi : je veux apprendre à masser, mais je veux aussi travailler à mon compte. On trouve une école qui propose de passer un diplôme en un an (en niveau bac+3, tant mieux j’avais déjà un bac+2 et aucune envie de partir en CAP esthétique). La formation coûte 6000 euros, une somme que mes parents ne peuvent pas payer.

Je plaque ma licence 4 mois avant de passer les examens (de toutes façons je ne vais plus qu’au seul cours qui m’intéresse). Je travaillais au BHV en tant que caissière en 8H à côté de mes études, donc je passe en contrat de 21H pour gagner un peu plus de sous et contracte un prêt étudiant (que l’on commence à rembourser après ses études).

Septembre 2010,  me voilà partie pour un an de formation.

 

 

A l’école de massage, à l’école de la Vie :

 

Je reviendrai dans un autre article sur le choix d’une bonne formation car, je ne suis pas aussi bien tombée que je l’aurai espéré. Mais j’apprends enfin un métier qui me plaît.

changer de vie devenir thérapeuteJe découvre les codes de l’esthétique et du bien-être. Je dois m’adapter. J’apprends à prendre soin de moi : coiffure, beauté, maquillage. J’apprends le savoir-être au travail : attitude, parole (vu que j’ai un débit assez élevé et une voix forte), présentation, travail en équipe.

Avec le recul, je me rends compte à quel point j’étais totalement immature à cette époque, contrairement à certaines de mes collègues déjà esthéticiennes (niveau BTS), plus habituée à ces codes.

Je pars en stage dans des lieux prestigieux. Je suis obligée de me remettre constamment en question. Les responsables de spa haut de gamme sont totalement impitoyables sur la tenue et le savoir-être avec les clients. J’étais d’ores et déjà très douée pour le massage. Mais j’étais complètement débutante dans tous les autres domaines.

Je peux vous jurer que j’en ai pleuré. Tout le temps, mes convictions étaient bousculées, c’est comme si je devais passer du rez-de-chaussé au 2ème étage en une seule marche. Je me mets une pression énorme car je veux être à la hauteur. C’est l’école de l’exigence. Je suis au service de l’humain, je dois apprendre à gérer mes émotions, à ne pas les laisser prendre le pas sur mon travail. Cette exigence était nécessaire, car je l’applique désormais quotidiennement dans mon travail.

 

Je suis déterminée à réussir, car je sens que je suis dans la bonne direction.

 

Atteindre ses objectifs :

 

A la sortie du diplôme, j’ai décidé de passer le CAP esthétique (diplôme obligatoire pour pouvoir “masser” en France à l’époque). Je n’avais que 21 ans, et j’avais la possibilité d’ajouter une deuxième corde à mon arc pour faciliter mes futures recrutements ou ma future création de spa (la dame a de l’ambition !). N’ayant pas les moyens de payer une nouvelle formation et ayant mon prêt à rembourser, je choisis de le passer en candidat libre.

Je passe au moins 100 coups de fil dans toute l’Ile-de-France pour trouver un spa/institut qui voudrait bien me prendre en stage deux jours par semaine pendant toute l’année scolaire. Et je tombe sur une petite perle à 1H30 de chez moi en transport en commun.

Planning de mes semaines :

  • Trois jours de travail dans un centre d’appel.
  • Deux jours dans l’institut en stage.
  • Deux jours pour étudier mon CAP.

 

J’avais décidé que j’avais besoin : à la fois de gagner de l’argent pour rembourser mon prêt, et de me former pour passer le CAP esthétique. J’ai réussi à obtenir ce que je voulais à force de persévérance.

 

Et après ?

 

J’obtiens mon CAP en 2012. Je choisis de m’installer à mon compte après avoir travaillé deux saisons laborieuses dans des spas de luxe en bord de mer. Là encore, j’écoute mon coeur. Je ne veux pas travailler à la chaîne : masser 8H par jour en spa, fut-il de luxe, ne m’intéresse absolument pas. Je voulais prendre le temps avec chaque client qui passait sous mes mains. Sans doute, je pressentais déjà mon futur métier de thérapeute.

J’exerçais le métier d’esthéticienne-masseuse à domicile pendant 3 ans, en parallèle d’autres expériences professionnelles dans le bien-être. Ces trois années ont été difficiles, oscillant entre le monde des adultes et de l’enfance, j’ai eu dû mal à trouver ma place. Je m’épanouissais professionnellement, mais ma vie personnelle était chahutée. C’est à cette période que je découvris le Shiatsu, mais aussi que je changeais vers un mode de vie radicalement plus doux et plus simple (Cf cet article).

Je vous narrerai bientôt ma première expérience du Shiatsu.

 

J’espère que cette histoire vous aura plu 🙂 Nous pouvons échanger en commentaire si vous le souhaitez.

Ne passez pas à côté de vos rêves, tout est possible tant qu’ils sont en accord avec vos valeurs et l’éthique.

Merci de m’avoir lu et belle journée !

 

8 Commentaires sur “Comment j’ai changé de vie pour devenir thérapeute ? De la fac à la table de massage…

  1. Djahann says:

    Quel beau parcours ! Vous avez trouvé votre voie et vous avez tenu bon tout en évoluant, bravo !
    De mon côté, je n’ai pas encore trouvé ma nouvelle voie. A 40 ans, je sais que je ne veux plus d’un métier qui n’est pas en accord avec mes valeurs, mais je n’ai pas encore trouvé vers quoi m’orienter. Je veux un truc qui ait du sens, des valeurs, qui soit utile….. je cherche, je cherche !

    • Cécile Shiatsu says:

      Merci beaucoup pour ton message Eugénie. Déjà, savoir ce que tu ne veux plus, c’est énorme. Ca viendra à toi quand tu seras prête 🙂 En attendant je te dirai de lire, de te documenter sur tous les métiers qui peuvent plus faire du sens : bien-être, éco-construction, permaculture, maraîcher bio, artisan…
      Tiens moi au courant de tes avancées 😉

  2. Sonia says:

    Coucou Cécile,

    Merci pour ton partage d’expérience ! Hâte de lire la suite. J’aime beaucoup lire les chemins de vie, surtout quand ils ne sont pas linéaires, c’est quand même plus intéressant, et les réflexions sur la vie beaucoup moins superficielles ! 😉
    Au plaisir de te lire ! 🙂

    Sonia

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