Faire du tri

Lorsque nous nous mettons à trier, c’est qu’à un moment donné ou un autre nous nous sentons « envahis » ou « étouffés » par nos possessions. Nous avons besoin d’espace, de désencombrer.
Comment peut-on se faire « déborder » par nos propres biens ? Ceux que nous avons délibérément choisis d’intégrer à notre environnement en connaissance de cause ? A quel moment ce besoin trier arrive-t-il ?
Actuellement nous trouvons beaucoup de méthodes pour faire du tri et du rangement (livres, blogs, youtube…) Le minimalisme, la simplification de notre consommation, sont des modèles vers lesquels nous tendons de plus en plus. Une prise de conscience se généralise : posséder n’est pas la finalité de l’être humain.
Les méthodes c’est chouette. Je ne vous décris pas ici une énième, car d’autres le font déjà. Je pense qu’il est important de comprendre d’où vient cette nécessité de posséder, puis celle un jour de trier. Les moyens, eux, viendront à vous quand vous serez prêts !

  • Pourquoi possède-t-on ?

Posséder veut dire « avoir » : http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/avoir/7141
– Nous disons « j’ai le dernier Blu-Ray de Harry Potter ». A priori, cela veut dire que je le possède, il m’appartient, il est dans ma bibliothèque par exemple.
– Nous disons aussi : « j’ai une petite amie ». Est-ce que je possède une copine ? Est-ce que je détiens vraiment un être humain ? Pourtant un humain n’appartient pas à un autre (sinon cela s’appelle de l’esclavage…)
Cette définition ne peut pas être aussi simple. Le Larousse dit aussi qu’avoir c’est « atteindre » http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/avoir/7141
– Je prends cet objet dans mes mains, je le tiens, je l’ai. Je le repose, je ne l’ai plus.
Ce besoin d’être la propriété privée d’un objet ne nous pousse-t-il pas à consommer ? Si mon voisin accepte d’échanger sa tondeuse pour que je puisse nettoyer mon jardin contre un autre service ou objet que je lui prêterai ; serai-je obligée d’acheter une tondeuse ?

  • Pourquoi accumule-t-on ?

Si on met de côté le trouble du comportement qu’implique la syllogomanie (TOC responsable de l’accumulation excessive d’objets), nous avons pour la plupart d’entre nous tendance à empiler les objets, les vêtements, les outils, parfois de fonctions identiques.
Il y a une peur. Elle diffère selon les individus et n’est pas aisément identifiable au premier abord et se cache souvent derrière les phrases : “je n’ai pas le temps de m’en occuper”, “je ne sais pas par où commencer”…

  • Peur de perdre ?
  • Peur de manquer ?
  • Peur d’être jugé ?
  • Peur de ne pas exister ?
  • Besoin de compensation ?
  • etc

Pour ma part je voulais ressembler aux autres jeunes femmes qui avaient « du style », qui faisaient “riche”, parce que je voulais sortir avec mes “ami(e)s” qui eux “en avaient” et pour plaire aux hommes… (peur d’être seule et de ne pas exister).
Toutes les peurs ont une source. Elle vient en général d’une considération (consciente ou non) que vous avez faite à un moment donné de votre vie quand votre mental était soumis à un fort stress (séparation, décès, échec, chagrin, douleur, rejet…). C’est aussi une considération que vous avez peut-être empruntée à vos parents ou quelqu’un de votre entourage proche.
Exemple : vous vous faites mordre douloureusement par un chien -> considérations possibles : « tous les chiens sont méchants », « les gros chiens sont agressifs », « je veux tenir éloignés de moi les chiens » etc. -> peur des chiens.
Vous ne vous mettrez à trier et ranger que lorsque vous aurez une compréhension véritable de cette peur. C’est à vous de décider si vous souhaitez faire une introspection de vous-même sur ce sujet-là !

  • Quand se met-on à trier ?

 Comme je le disais précédemment, il vous faut cette petite lumière qui s’allume dans votre esprit accompagné du « aah mais oui ! ».
De manière assez brutale, mon point de vue sur les possessions a été remis en question : ces fameuses personnes avec qui je voulais sortir et que je désirais « impressionner » m’ont subitement abandonnée. Je me suis retrouvée seule, avec mes tas de fringues, mes produits de beauté qui me coûtaient un bras (avec une sale composition bien sûr), mes fanfreluches… Et là, je me suis rendue compte que mes objets ben… ne me servaient à rien. De plus cette façon d’être ne me ressemblait pas du tout.
Le tri peut intervenir aussi à des périodes de changement dans votre vie : déménagement, mariage, séparation, nouveau job… C’est normal ! Ces situations nous dotent d’une nouvelle énergie, parfois de nouveaux impératifs (passer d’une maison familiale à un appartement de 36m2 par exemple…).
Vous l’avez compris : le déclic c’est le changement ! 

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  • Comment simplifier ?

Tout d’abord, pour moi, minimalisme et simplification veulent dire la même chose. Nous n’avons pas les mêmes définitions de ce qu’est le minimalisme. Certaines personnes se diront minimalistes tout en gardant une impressionnante collection de capsules de bouteille. Et d’autres ne se revendiqueront pas minimalistes, bien qu’elles aient une petite garde-robe. Le minimalisme est un mode de vie où l’être a réduit ses possessions au « minimum ». Celui-ci est cependant établi selon le point de vue de la personne et non pas d’une définition érigée par un livre. Ce qui me semble inutile vous semblera indispensable.
Je parle surtout de simplification de consommation et je n’aime pas trop les étiquettes !
Au tout début,  je me suis débarrassée de trucs qui ne me servaient absolument plus, ou qui ne me correspondaient plus. Puis des mois plus tard, j’ai enlevé ce dont je me servais une fois par an, ainsi de suite.
Forcément j’ai dégagé tous les produits aux compositions douteuses, le plastique en grande partie…
Notez que c’est aussi parce que mon mode de pensée a évolué ces dernières années ! Rome ne s’est pas faite en un jour ! Et si vous avez une maison de 200 m2 à trier, un garage et un grenier, eh bien cela vous prendra du temps.
J’ai appris personnellement à apprécier le temps à trier et ranger.
Je remets en question certains choix d’achats que j’ai fait (pourquoi ai-je trois vernis à ongles de la même couleur, ou tout du moins très similaires ? ). Je fais ma propre introspection. A quel moment j’ai acheté ça ? Dans quelles circonstances ? Certains schémas d’achat se répètent, quand vous en aurez repéré un, cela deviendra facile d’éliminer d’autres objets de votre environnement.
Ce que j’entends souvent c’est « je n’ose pas jeter car je me dis que j’en aurai besoin ». A quelle peur cela vous renvoie-t-il ? Pourquoi ne pas emprunter à quelqu’un, un objet dont vous avez besoin une fois tous les deux ans (et encore) ? Est-ce si important que ça de le « posséder » ? Ou peut-être, y a-t-il une peur à demander le prêt d’un objet ?

  • Ma conclusion :

Toutes les méthodes de tri ne vous serviront à rien si vous n’éprouvez pas l’envie de trier. Et malgré cette envie présente chez nombre d’entre nous, il faut trouver le déclic.
Se poser les bonnes questions est primordiale ! C’est uniquement grâce à ça que vous serez capable de faire du vide dans votre environnement.
Quand votre tri est fait, il sera aisé pour vous de faire une brocante, ou même de donner (ce qui va plus vite).
Je me sens beaucoup mieux dans cet environnement épuré, mon compagnon aussi. Cette sensation d’y voir vraiment plus clair, de respirer, est le meilleur bénéfice que j’en ai tiré. Sans compter bien sûr toutes les compréhensions que j’ai eues sur certains de mes comportements !
Je me rappelle que ce n’est pas les objets qui me possèdent.

Une petite chanson de notre J.J national qui vous parlera peut-être…


https://www.paroles.net/jean-jacques-goldman/paroles-les-choses

Si vous souhaitez des exemples précis de comment j’ai trié telle ou telle pièce, ou comment j’ai fait cette introspection personnelle, n’hésitez pas à me le dire en commentaire ou par mail. Je serai ravie de vous répondre !

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